Mieux appréhender les impacts des ventes Hlm sur les copropriétés mixtes

Impliqué dans le programme de recherche sur la vente Hlm avec la société Batigère, la Métropole du Grand Nancy en attend principalement des éclaircissements sur la gestion sociale des copropriétés qui seront issues de ces ventes. Nelly Mongeois, directrice de l’Habitat et de la rénovation urbaine, nous explique pourquoi.

Dans quel contexte se situent les ventes Hlm sur le territoire de l’agglomération ?

Nos bailleurs historiques ont des politiques de ventes déjà anciennes qui s’inscrivent dans le cadre de notre politique de l’habitat. La vente de logements Hlm peut nous aider à favoriser les parcours résidentiels au sein de la métropole et ainsi à garder sur place des familles qui la quittent pour devenir propriétaires dans des territoires où le logement est plus accessible. Les ventes Hlm sont un outil pour les retenir. Mais nous avons également l’objectif de conserver la même part de logements locatifs sociaux, soit 26%. La reconstitution des logements issus de ces ventes va donc aussi nous permettre d’effectuer un rééquilibrage géographique des logements locatifs sociaux entre les différentes communes en construisant là où cela produit de la mixité.

Quelles raisons vous ont poussée à rejoindre l’axe 4 du programme de recherche ?

Nous sommes à la recherche de réponses sur les ventes Hlm, particulièrement sur les thématiques de l’axe 4 dédié à la gestion immobilière et sociale des copropriétés issues de ces ventes. Notre politique de l’habitat vise aussi à mieux connaître l’état de santé des copropriétés et à repérer le plus tôt possible celles qui présentent des signes de fragilité ou de dégradation. Nous ne voudrions pas que les copropriétés issues des ventes Hlm produisent de nouvelles situations de fragilité et nous avons besoin de mieux connaître leur fonctionnement. De plus, nous souhaitons savoir comment accompagner les locataires, issus du logement social, qui deviennent propriétaires sans bien savoir à quelles nouvelles obligations ils s’exposent. Certains pensent encore que le syndic va, comme le bailleur précédemment, réparer un de leur robinet qui fuit.

2021-001436.wmg_.jpg           © Alice Delalande / USH

Qu’attendez-vous d’autre de la recherche ?

En fait, nous attendons de la recherche des éclaircissements sur certains sujets que nous n’avons ni le temps ni la compétence de creuser de manière professionnelle. Travailler avec des chercheurs nous permet de bénéficier de leurs méthodes et de leurs connaissances. Par exemple, pour mieux appréhender les impacts des ventes Hlm sur le fonctionnement social des résidences, sur les relations de voisinage, sur l’appropriation du logement, de l’immeuble ou du quartier par les nouveaux acquéreurs. Nous sommes aussi très curieux de découvrir les résultats des travaux de recherche sur les autres terrains et sur les autres axes du programme de recherche qui seront utiles à l’élaboration de notre politique de l’habitat.

Entretien réalisé par Victor Rainaldi

 

«Trois questions à...»

Contacts

Dominique Belargent, responsable des partenariats institutionnels et de la recherche, coordinateur du Réseau des acteurs de l’habitat, l’Union sociale pour l’habitat

François Ménard, responsable de programme de recherche au Plan urbanisme, construction, architecture

Bruno Marot, urbaniste et chercheur, docteur en politiques urbaines

Lettre d'information trimestrielle : inscription auprès de Gabriela Mensah